10 janvier 2007
C'est l'heure du bilan
Il y a un peu plus de deux mois, en ouvrant ce blog après des heures de recherches pour savoir si c'était quelque chose qui se faisait, je me posais cette question:
Premier constat: les profs Fle ont d'autres choses à gérer qu'un blog, ils ont d'abord besoin d'un emploi stable
Que vient faire la majorité des visiteurs sur ce blog? Ils viennent chercher des activités prêtes à l'emploi. C'est aussi ce à quoi je passais tout mon temps ou presque sur Internet avant d’éprouver le besoin de partager. Et ils s'en vont comme ils s'en viennent… Comme sur un espace où on ne peut pas participer, ils prennent ce pour quoi ils sont venus (qui me dit d'ailleurs qu'ils y ont trouvé quoi que ce soit?) et vont vaquer à leurs occupations.
Deuxième constat: les profs Fle ont mieux à faire que de mutualiser le savoir, ils doivent d'abord répondre aux besoins immédiats de leur emploi du moment, besoins auxquels ils ne sont pas ou peu préparés
La rareté des blogs d'enseignants dans le monde du Fle et l'absence de participation sont deux faits qui ne me surprennent pas. En attendant que chacun d'entre nous ait un code d'accès sur un ENT, son blog de prof et son blog de classe et un Tableau Blanc Interactif (pourtant je m’étais promis d’arrêter de rêver en 2007…) c'est le besoin d'autoformation qui se fait viscéral. En effet, y'a t-il quoi que ce soit de comparable entre les différentes situations d'enseignement auxquelles nous sommes confrontés et ce tout au long de notre carrière? La maîtrise ou le master FLE (sans parler des autres voies possibles) nous ont-ils préparés à affronter ces écarts de situations ? A être immédiatement opérationnels pour un cours de groupe comme pour un cours particulier, pour un groupe multilingue comme un groupe où tout le monde a la même langue maternelle, pour un cours de français de spécialité comme pour un cours à des ados, pour un cours à des adultes comme pour un cours à des enfants, pour un cours avec un programme à suivre comme pour un cours où tout le contenu est à notre charge ? Et j’en passe… La réponse est non, bien sûr.
Troisième constat: les profs de Fle ont autre chose à faire que de partager leur expériences ils doivent avant tout se former (s'auto-former puisque la formation continue n'existe pas pour eux)
Non, pas préparés pour la diversité des situations d’enseignement, pas préparés non plus pour la galère du marché de l’emploi FLE en France pas plus que pour celui de l’étranger, de là-bas nous arrivent des offres toutes plus farfelues les unes que les autres... sans parler des surprises une fois sur place. En échange de vos quatre années d’études universitaires ou de vos dix ou quinze ans d’expérience, vous vous retrouverez peut-être stagiaire et vous paierez, c'est une évidence que plus personne ne remet en question, vous-même votre billet d’avion, vos cotisations santé, vos frais de visa, vous aurez un contrat local sans congés payés, parfois pas de minimum hebdomadaire d’heures de cours et on pourra vous demander de vous occuper de la nurserie ou des cours d'espagnol puisque vous êtes là...
Quant à la France, qui considère les profs de Fle comme des sous-profs puisqu'il n' y a pas de concours pour l'enseigner, plus de 20 ans après l'ouverture de la filière universitaire, elle ne fait pas mieux.
Quatrième constat : nous en avons assez
Commentaires
Merci
Bonjour,
Je voudrais tout simplement vous dire merci.
J'ai trouve vos articles fort interessants et fort justes.
Comme vous le soulignez si bien la formation continue dans le domaine du FLE fait cruellement defaut ou bien n'est pas adaptee aux realites du metier. Etant moi-meme formatrice, j'ai souvent l'impression qu'en France c'est d'abord la recherche d'emploi qui prime (a juste titre d'ailleurs) et une fois cet emploi trouve, et bien la formation continue peut attendre... L'autre probleme c'est le cout.
beaucoup d'instituts et d'ecoles proposent des formations a des prix prohibitifs on tombe donc dans un cercle vicieux (pas d'emploi>emploi mal remunere>pas d'argent pour la formation continue ou pas la tete a ca)
Enfin, cette fameuse precarite liee au domaine du fle ajoute a l'individualisme et une mefiance entre gens du metier: Il faut faire partie d'un "reseau" pour beneficier des bons plans emplois et opportunites etc. Alors quand on revient d'une periode longue effectuee a l'etranger et qu'on ne connait personne du milieu FLE en France, ou alors quand on est jeune diplome... dure realite.
Je ne sais pas si vous continuerez a alimenter votre blog mais votre contribution aura ete tres pertinente et utile.
A nouveau merci.
Merci !
Merci d'avoir référencé FLE Attaque dans vos liens. Notre collectif a pour mission d'informer les profs de FLE de leurs droits et de la situation de l'emploi. Mais si les profs ne viennent pas voir...
Et merci de votre site : Enfin un site de prof de FLE qui ne passe pas sous silence le fin fond du fond : nous sommes presque tous aux abois!
Les ministères dont nous dépendons (Affaires étrangères et Culture pour l'étranger, Intérieur et Travail (cohésion sociale) pour le secteur de l'insertion et de l'intégration en France) semblent se moquer de la façon dont sont traités les acteurs de la "diffusion et promotion du français" et de "l'intégration et lutte contre les discrimination"... Belles paroles, peu de moyens financiers à la clé.
Il faut que ça bouge !
Amicalement,
De temps en temps, je me plonge dans le labyrinthe d'internet et au détour d'un recoin de fle.fr je tombe sur cet article. Un article qui traduit bien notre réalité! Voilà qui est prometteur sur le reste du blog à découvrir! Je pense que j'y reviendrai!
Grâce à toi...
Bonjour et merci pour ton blogue. Ton dernier billet a eu comme effet (entre autres) de ramener mon blogue FLE à la vie ;-) Je suis donc heureuse de t'annoncer que OUI, il y a des profs de FLE qui bloguent :)
Je suis ravie d'avoir "fait ta connaissance" et je reviendrai souvent sur ton blogue. C'est une excellente initiative qui devrait en motiver bien d'autres, j'en suis sûre.
PS: Dis, ça ne te dérange pas que je te tutoie? Petite manie rapportée du Mexique ;-) Et puis après tout, on fait tous partie de cette belle et grande famille du FLE ;-)))
Bizzzz de Gaspésie (Québec)
Il faut continuer et faire des expériences
Courage!
Comme dans le Campus Virtuel FLE - Université de Léon (Espagne)http://www3.unileon.es/dp/dfm/flenet/BSCWprojet/index.html les étudiants de français langue étrangère et les enseignants poursuivent leurs expériences pédagogiques avec l’intégration de weblogs ou carnets web dans la classe.
Ainsi les blogs du Campus FLE
http://flenet.rediris.es/weblogs/blogsCV.htm
constituent ainsi un laboratoire didactique où l’on essaie des nouveaux outils (logiciels, weblogs, plates-formes de e-learning) ainsi que des activités et des ressources pédagogiques. Les étudiants de français de découvrent la langue et la culture française dans les contextes de communication que favorisent les nouvelles technologies (internet, blogs, forums et plate-formes).
Un exemple: Le blog Erasmus Campus FLE 2007
http://erasmus07.canalblog.com/
Bonjour!
Bonjour!
Je ne me sens pas comme une sous prof parce que je n'ai pas passé de concours c'est bien parce que je ne voulais pas faire partie de l'éducation nationale que je suis devenue prof de FLE et non prof d'anglais comme j'y étais destinée. Etre prof de FLE m'a permis et me permet toujours de travailler pour différentes structures . C'est vrai que j'ai mis dix ans avant d'avoir un CDI et que je suis payée aujourd'hui comme j'étais payée en tant que Maître auxiliaire d'anglais en 1989! c'est horrible quand on y pense mais même si on a moins de vacances (et oui des vacances de salariés, y a pas de honte) on rencontre vraiment des gens formidables, des filles et fils à papa d'Amérique du sud, des réfugiés de tous ordres, des déclassés, des qui s'intéressent même pas à la langue, des qui détestent la France et des qui l'adorent! A quoi ça servirait un CAPES de FLE, à rentrer dans les structures de l'éducation nationales. Qu'ils nous emploient sans le concours puisqu'ils nous ont donné le diplôme et qu'ils ne prennent pas des profs planqués qui ne connaissent rien en FLE, rien que pour ça je n'aimerais pas qu'ils fassent un concours! Dans ma vie de prof de FLE j'ai rencontré bien des amateurs mais aussi des gens non diplômés qui étaient très compétents mais aussi des anciens instits de l'éduc nat qui croyait qu'enseigner le français à un réfugié c'était commencer par le Lagarde et Michard et qui me prenait pour une bille parce que je n'étais pas de la grande maison. Non s'il vous plaît pas de concours de FLE qu'on se débrouille comme on le peut et qu'on fasse bouger les strucures qui nous font travailler; merci pour tous ces échanges, c'est super, je suis sûre que si on en bavait moins on serait moins passionnés et on compterait nos points comme les autres!
L'adresse de mon Blog :
http://bleublancchine.over-blog.fr
oups...!
adresse du blog:
http://bleublancchine.over-blog.com
Merci encore pour FLEzemerverveilles!
génial ce site
merci encore pour ce site qui ma foi permet de savoir que l'on est pas seul a avoir les memes questions ! et mercei pour les reponses aux questioon que je me posait
al fab ( poste arabei saoudite )
Bonjour,
Je suis prof de FLE depuis peu c'est vrai, je suis très occupée, mais j'ai le temps de tenir un blog, pas seulement sur l'enseignement mais sur la vie à l'étranger, à Taiwan.
Je ne me considère pas non plus comme une sous prof, je suis très fière d'être prof de FLE à vrai dire, je n'échangerais pas ça contre un concours et un emploi à vie. Non merci, j'ai fait mon choix.
Je crois que la passion pour le métier est déjà un grand atout! Ensuite, chacun met ses propres chances de son côté, crée ses contacts! Les gens que j'ai rencontré dans le FLE m'ont inspiré, m'ont fait rêvé...
Courage et bonne continuation à tous et à toutes!
Sonia
Constat
Bonjour,
Membre du Collectif Fle Fls issu des Assises et des Etats Généraux du Fle Fls, je ne peux que constater les mêmes choses que vous :
*la précarité qui pousse de nombreux enseignants Fle à se réorienter alors que leur métier leur plait et qu'ils l'exercent avec passion et compétence
*la gigantesque diversité de nos tâches et de nos activités qui fait que les enseignants Fle ne forment pas une communauté
*la non reconnaissance de notre spécificité par les instances gouvernementales et universitaires qui fait que faire du Fle est usant
J'ai été optimiste, pensant qu'on pourrait faire bouger les choses. J'y crois de moins en moins...
Je vous remercie pour ce blog tout comme je remercie Fle Attaque et tous ceux qui s'impliquent un tant soit peu pour la reconnaissance du Fle Fls... Malheureusement, beaucoup se plaignent mais peu agissent.
Courage à vous et encore tous mes remerciements pour ce blog, sa fraicheur et sa franchise.
Le bilan contradictoire d'un stage MAE
Je suis un tout jeune et pas trop expérimenté prof de fle qui revient d'un stage MAE de 9 mois en ex-Yougoslavie.
Le bilan de ce stage, c'est que je suis partagé entre deux sentiments contradictoires :
1/ Un sentiment de satisfaction d'abord, je suis content de l'avoir fait car j'ai beaucoup appris sur le métier de prof et j'ai rencontré des gens formidable. Tout est positif sur les plans professionnel et humain. J'ai même fait des progrès en anglais ! Et puis ça change des stages non rémunérés que j'ai pu faire en France. Là-bas, figurez-vous que j'avais un apart pour moi tout seul !
2/ Mais j'ai aussi un goût amer dans la bouche. J'étais payé 600 euros par mois, ce montant étant atteint au prix d'un pénible montage financier : le ministère des affaires étrangères ne déboursant que 400 euros ! Les 200 euros restant étant à la charge du pays d'accueil. Certes, la somme était plus que convenable au regard du niveau de vie du pays. Mais dans le détail, la France ne me donnait en réalité que 400 euros. Et qu'est-ce que 400 euros par rapport au niveau de vie de la France? Par rapport à la richesse de l'état français? Par rapport à mes diplômes?
Qui plus est, j'ai l'impression d'avoir mangé mon pain blanc alors que je viens à peine de commencer ce métier ! Je ne retrouverais sans doute pas ce genre de conditions dans les offres d'emploi non encadrées par la France. Les stages MAE font donc figure de stages de luxe dont on ne peut décemment pas se plaindre si on les comparent à ce que sont les stages ordinairement. Mais si on veut les voir comme des emplois possibles, c'est une autre histoire.
Par ailleurs, depuis que je suis revenu, j'ai moi aussi ouvert un blog :
http://acidefle.over-blog.com/
Jusqu'à présent, mon blog ne parlait que de didactique et d'idées de cours, mais en lisant ce blog ainsi que d'autres, je me rends compte de l'importance de témoigner.
Quand on lit ce qu'on vit, on se sent moins seul.
Tchô et bon courage à tous :-)
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